Revenir à soi

20160418_160256Je vous rassure tout de suite : si ça démarre chaotique ça va finir magique. Le livre de Sonia commence tout au bord de la dépression. Le décès d’un frère puis quelques semaines plus tard de son père, sont pour l’auteur, les événements qui vont lui permettre de transformer sa vie. Dans la foulée c’est 30 années de mariage qui s’écroulent comme un château de carte. Pas facile quand on est une sommité dans le domaine du développement personnel et une championne de l’intuition de sombrer dans le deuil et la honte.

Alors Sonia tombe à genoux et prie. Le lendemain, elle reçoit la réponse «  Sonia, le temps est venu de guérir ta vie, et la seule manière d’y arriver, c’est de parcourir à pieds le chemin de Compostelle. Et vas-y seule. »

L’annoncer à ses filles (tiens! l’auteure, sa fille aînée et sa mère ont toutes les trois le même prénom) puis à Ryan qui dirige ses affaires professionnelles. Car Sonia est une femme très très occupée. Elle trouve dans son agenda une fenêtre de 38 jours qui lui permettrait de partir en randonnée en mai et en juin. Elle vient de se donner la permission de suivre son intuition.

Alors faut-il partir seul pour toucher à la vraie liberté? Nos randonnées du Népal ou d’Afrique du Sud ont été les plus belles car je les aies faites avec celle que j’aime. C’est vrai que pour faire un travail de transformation comme celui que va faire Sonia sur le Chemin de Compostelle, il est important qu’elle soit le plus souvent possible seule. Serais-je capable de faire comme elle? Est-ce que j’en aurais envie? Aujourd’hui je suis partagé entre le plaisir de partager une nouvelle aventure avec celle que j’aime et le besoin de me retrouver.

Cela m’aurait rendue folle d’avoir à m’ajuster à l’expérience de quelqu’un d’autre et de ne pas pouvoir me focaliser sur ma propre présence ici, sur le Chemin. À ce moment, j’étais très reconnaissante de jouir d’une totale liberté.

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Je savais que mon ego n’était pas mon véritable esprit, mais jamais auparavant n’avais-je pris conscience de combien il était destructeur… Heureusement, plus je marchais, moins je m’intéressais à mon ego.

Plus je marche, plus les pollutions médiatiques se diluent dans l’air froid du printemps Québécois. Plus je marche, plus je reviens au présent. L’ego perd de sa force et de son importance quand j’arrive au sommet de la montagne.

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Propos de Colum (pèlerin Irlandais)

– J’ai appris très tôt que je préférais mourir plutôt que de vivre pour l’approbation de quelqu’un d’autre… Personne ne se soucie de moi; alors, pourquoi me soucierais-je de ce que les autres peuvent penser? Je suis un bon gars. Je me connais et je m’aime bien. J’aime la vie, et si j’attends que l’on m’approuve, je renonce à une partie de ma vie. Et je n’ai pas l’intention de renoncer à quoi que ce soit, jamais. Ma vie m’appartient.

Belle philosophie Colum. Il est temps d’arrêter d’essayer de faire plaisir à tout le monde tout le temps. Il est temps de passer au travers des doutes, des peurs, des vieilles croyances et comportements. Puis de se retourner et réaliser, qu’en fait… il n’y avait rien.

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Plus je marchais, plus je voyais comment mes propres choix déterminaient tout ce que je ressentais. Bien sûr, je ne choisissais pas toutes les situations extérieures, mais je choisissais comment j’allais y réagir. Et la vérité est que plusieurs de mes choix avaient été fantastiques.

Les miens aussi. Même si parfois je ne sais plus très bien où je suis ni où je vais, chacun de mes choix ont construit ma vie et m’ont amenés sur le chemin sur lequel je marche ce matin. Choisir (au plus proche de son cœur) et être en action c’est la meilleur façon de créer ma vie.

Nous ne pouvons sentir l’amour à moins d’ouvrir nos cœurs, et pourtant, lorsque nous les ouvrons, ils peuvent être brisés et ils le sont. Ainsi va la vie… C’est seulement lorsque nous nous aimons pleinement et que nous pardonnons à toutes les personnes et à toutes les expériences qui nous ont fait souffrir, à la fois en nous et en dehors de nous, que nous pouvons vraiment guérir et trouver la paix intérieure. C’est le seul moyen.

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https://www.youtube.com/watch?v=p772d7uqNhM

Pendant des années, j’avais essayé de pardonner à l’aide de banalités spirituelles mais, en dépit de mes ambitieux idéaux, j’avais seulement réussi à refouler mes blessures encore plus profondément en moi. Le fait de marcher avec ma souffrance m’en avait libérée… Le pardon ne pouvait arriver avec un sauf-conduit spirituel qui faisait fi de mes sentiments, ou en me faisant dire par quelqu’un d’autre ce que j’étais sensée éprouver. Il avait fallu que je fasse tout ce chemin à pieds pour pouvoir pardonner.

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Jardin botanique de Montréal 17 avril 2016

Montreal 2016

Entre le Biodôme et le Planétarium Avril 2016

Être libre, se désintéresser de l’ego, être responsable de ses choix, être le maître de sa vie, s’aimer et pardonner pour retrouver la paix et puis partir marcher. Marcher dans la nature avec l’énergie du soleil, de la terre et des êtres vivant rencontrés sur le chemin. C’est ce que j’ai trouvé dans le livre de Sonia Choquette.

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Et rappelez vous: L’important c’est le Chemin.

6 réflexions au sujet de « Revenir à soi »

  1. Vincent

    Je pense que je vais lire ce livre !
    Il me touche déjà.
    Quand ,j’entends ou je vois, mais souvent les deux,que le chemin n’est pas un projet ou un rêve,mais bien un moment où l’on trouve le temps de se connaître,alors je pleure tellement c’est vrai.
    Merci
    J’habite en moi ,et je ne connais ni la cave ni le grenier.Il fait si sombre.Pourtant tant de trésors y sont cachés.
    Je vais lire ce livre!
    Je t’embrasse.

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    1. Patrick LP

      Hello Vincent.
      Qu’est-ce qui te touche ?
      Le propos de Colum : La vie m’appartient.
      Ou le fait que le chemin soit l’un des meilleurs moyen pour se connaître ou se re-connaitre?
      Je trouve merveilleux d’habiter en soi et d’avoir encore, aujourd’hui, tant de choses à découvrir, de la cave au grenier. On allume une bougie ou une frontale et ce qui était dans l’ombre apparaît devant nos yeux émerveillés.
      Au plaisir de marcher avec toi.

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      1. Vincent

        Hello Patrick
        Oui bien sur que c’est de prendre conscience que la vie nous appartient. Mais c’est aussi l’authenticité et cette volonté d’aller loin sur le chemin, loin en soit. L’effort devient une guérison.
        L’obscurité n’existe pas, il suffit de s’habituer au noir pour que la lumière revienne, alors nos trésors enfouies se découvrent.
        Bientôt, j’espère, que nous pourrons marcher ensemble.
        Alors à bientôt.
        Bise

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        1. Patrick LP

          Hello Vincent
          Pour moi c’est le fait de marcher dans la nature, et de marcher longtemps qui est  »thérapeutique ». C’est l’énergie de la nature et le temps qui va me transformer. Sûr que ça prend aussi de la motivation et de la volonté. Mais une fois que j’ai commencé à faire le premier pas, les autres s’enchaînent … presque naturellement.
          Marcher ensemble sera un vrai plaisir
          À bientôt

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  2. Vincent

    Hello !!
    A propos de marcher, je te conseille vraiment « Sur les chemins noirs »de Sylvain Tesson.
    Très beau livre ,qui donne envie de marcher.
    A bientôt
    Bises

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    1. patrick2014 Auteur de l’article

      Oui tu as raison. Je me le réserve pour mon retour en France. J’adore l’idée de marcher hors des sentiers balisés. À bientôt

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