Le Mexique comme vous ne l’avez jamais vu

20160211_120628Rencontre samedi matin 06 février 2016 dans un petit café de Chelsea aux portes du parc de Gatineau avec Robert Brown, auteur de Deux ans au Mexique avec ma famille « Chroniques de voyage »

Salut Robert. J‘ai beaucoup aimé découvrir le Mexique avec tes yeux et c’est l’humour, qui est partout…

( même dans les citations en fin de paragraphes), que j’ai savouré avec un immense plaisir et des éclats de rire intérieurs. Ton livre me fait penser aux chroniques de Guy Delisles et à son guide du mauvais père.
PS: ton livre est disponible sur Amazon.com en version papier ainsi qu’en version Kindle;
http://www.amazon.ca/Deux-ans-Mexique-avec-famille/dp/2890926001

Robert, tu étais au Mexique en 2008. Tu y es resté pendant deux ans avec ta famille dans la ville de Cuernavaca à 85 km de Mexico. Ça prend quelles ressources pour s’adapter et apprécier un long séjour à l’étranger en famille?

Dans tout voyage, comme dans toute nouvelle expérience, on arrive avec son vécu. J’ai beaucoup voyagé avant de vivre l’expérience mexicaine. Quatre années et demie de voyage à travers le monde m’ont appris à relativiser, à avoir une plus grande ouverture d’esprit et donc à apprécier et à accueillir mon séjour au Mexique. Il y a aussi une qualité que je trouve vraiment intéressante à cultiver…c’est la curiosité. S’il est impossible au meilleur des professeurs d’instruire l’élève borné, le plus long des voyages n’apprendra rien au touriste blasé.

Comment cette expérience a influencé ta vie?

Vivre pendant 2 ans comme père au foyer m’a fait prendre conscience de ce que vivaient les femmes de la génération qui nous précède, mais aussi de l’importance, lorsque possible, pour l’un des deux parents de rester à la maison afin de s’occuper des enfants. D’ailleurs, au lieu de militer pour un accès égalitaire au marché du travail, j’en suis arrivé à me demander ce qui serait arrivé si le discours féministe des années soixante-dix avait plutôt rehaussé le rôle de la femme au foyer. Cela dit, en vivant ainsi, nous avons rapidement réaliser la belle qualité de vie à laquelle nous avions accès. Au retour du Mexique, nous étions à l’aise financièrement et j’ai choisi, en accord avec ma conjointe, de ne pas retourner sur le marché du travail et de réaliser mon rêve d’écrire un livre. Ce n’est en fait que depuis un an que j’ai recommencé à travailler à l’extérieur.

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Au niveau de l’écriture, comment as-tu procédé pour ce livre?

Au début, je n’avais pas en tête de publier un livre. Même si je suivais un cours d’écriture en ligne, je me contentais d’ envoyer nos anecdotes par courriel aux amis ainsi qu’aux membres de ma famille et ceux de ma coinjointe. J’avais toujours un crayon et du papier que je noircissais chaque fois qu’une idée me traversait la tête. Et puis un jour ma belle-soeur, qui aimait beaucoup nos péripéties et ma façon de raconter notre nouvelle vie mexicaine, m’a suggéré de passer du rêve à la réalité et d’écrire mon livre. C’est donc un peu grâce à elle si je suis ici en ce moment en train de discuter avec toi.

Quels sont les livres que tu lis en ce moment ou ceux que tu as aimé?

J’ai lui récemment un livre du philosophe Ruwen Ogien  Penser la pornographie, que j’ai beaucoup aimé. Il propose une éthique minimaliste. J’aime aussi beaucoup Michel Onfray et tout ce qui touche à la morale. Le philosophe français reprend cette phrase de Chamfort « Jouis et fais jouir, sans faire de mal ni à toi ni à personne, voilà toute morale.  Depuis que j’ai évacué la religion de ma vie, je me questionne et réfléchis beaucoup à ce qu’est une vie juste et bonne.

Côté roman, j’aime bien les livres de François Blais, comme La classe de Madame Valérie que j’ai adoré. Il est un fin observateur, et très drôle, du comportement humain. L’école des films, de David Gilmour, offre une façon belle et originale d’enseigner à la maison. Il y a aussi La part de l’autre de Éric-Emmanuel Schmitt, un roman captivant qui nous fait réféchir sur les événements extérieurs façonnant notre destin. J’ai aussi découvert Guillaume Vigneault, fils de notre poète national, qui n’a écrit que deux livres, que j’ai adoré, Chercher le vent et Carnets de naufrage. Un dernier, si tu me le permets, Meursault, contre enquête de Kamel Daoud. C’est en fait la suite de l’Étranger qui est probablement l’un de mes meilleurs livres à vie.

Trois mots qui résument ces 2 années au Mexique.

Piment, enrichissant ( personnellement, mais non monétairement🙂 et changement.

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Des projets de voyages et d’écriture?

Pas de voyages en vue pour l’instant, mais j’ai terminé un roman jeunesse cet automne, que j’ai envoyé à quelques maisons d’édition. J’attends des réponses. Je suis aussi en période de réécriture d’un roman, que je qualifierais d’initiatique. Même si le roman est en quelque sorte terminé, la révision peut être très longue. Ce n’est jamais les 100 ou 200 pages qui se rendront dans la version finale qui auront été longues à écrire, mais plutôt les 1000 autres que j’aurais écrites et raturées.

Merci Robert, au plaisir de te lire à nouveau avec pour finir deux autres citations que j’ai particulièrement appréciées;

« Aujourd’hui, la science nous dit de parler aux plantes; demain, elle nous annoncera peut-être qu’il eût fallu les écouter »

« Certains jours, les enfants semblent se lever spécialement pour se batailler. Hier était l’une de ces journées. Je leur ai donné une bonne fessée et leur ai dit qu’on ne doit jamais frapper les autres. J’espère qu’ils ont compris! »

Robert Brown et sa famille ont osé élargir leur zone de confort. Partir et voyager, ça fait grandir. Comme le dit Nicolas Bouvier «  On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait. »

Nicolas Bouvier

Et comme l’écrit Robert;

« L’ennui de mon pays me rend nostalgique à l’avance de celui que nous habitons »

Je suis sûr qu’après la lecture de Deux ans au Mexique avec ma famille, vous ne verrez plus ce pays de la même manière.

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