Le sel de la terre

salgado3 20150830_104308Un film, un livre, un souffle d’air pour ce qu’il me reste à faire.

Si les photos New-yorkaises de Diane Arbus en 1966 ou celle de Raymond Depardon dans l’asile psychiatrique de San Clemente en 1977 m’ont beaucoup inspirées, (j’ai adoré, grâce à eux, faire des photos noir et blanc en Syrie ou en Palestine dans les années 85 ), c’est Sebastiâno Salgado qui m’a le plus touché. La folie noire ou blanche des hommes perdus sur la Terre Mère.

Hier, je regardais Le Sel de la Terre. Au milieu du film alors qu’il nous décrie ses photos de réfugiés, de mort et de bestialité humaine, il dit :

« Moi aussi j’étais en train de mourir. Mon médecin m’a dit que je n’avais rien, mais que j’avais vu trop de morts et que si je m’arrêtais pas de faire ce genre de photos, moi aussi j’allais mourir. »

Au milieu du reportage, moi aussi je me suis sentis mal. Trop de mort, trop d’injustice. Comme d’être écœuré, dégoutté à trop regarder les gros titres des journaux après l’attentat de Charlie Hebdo. Comme saturé d’images et de sensations négatives qui donnent juste envie de vomir. Alors Sebastiâno se retourne vers la nature.

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Elle a toujours été présente dans ses photos décrivant le chaos et cela lui a valu parfois certaine critiques. Et je recommence à respirer, à espérer. Salgado décide de retourner au Brésil dans la ferme familiale, de reboiser les collines environnantes et de permettre ainsi à l’eau de revenir dans les ruisseaux. L’Instituto Terra est né. Ça me fait penser aux cinq différentes essences d’arbres dont parle Satish Kumar dans Tu es donc je suis, que nous devrions planter au moins une fois dans notre vie.

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Parallèlement, Sebastiâno Salgado voyage pendant huit années pour redécouvrir les montagnes, les océans, les déserts ainsi que les animaux et les hommes qui vivent sur ces terres préservées de notre belle société de consommation. La rencontre entre Salgado et Wim Winders donne encore plus de souffle et d ‘émotion aux images du photographe. Il y a aussi les retrouvailles émouvantes d’un fils avec son père trop souvent et trop longtemps parti. Juliano Ribeiro Salgado va le retrouver sur le projet Genesis. Le noir et blanc donne encore plus de force aux images. Pour moi, la photographie permet d’aller toucher l’âme du modèle. La magie du portrait, c’est cet instant minuscule, cette fraction de seconde où la personne se permet d’être elle même. Le noir et blanc amplifie la sensation de connexion.

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2 réflexions au sujet de « Le sel de la terre »

  1. louche pélissier

    Tu as donc pu voir ce film magnifique « le sel de la terre »
    Après les terribles images du début, ce souffle de la nature redonne espoir et confiance.Mais je n’ai pas trop aimé ta photo .
    Heureuse d’être sur la même longueur d’onde, j’ai entendu à la radio 2 grands photographes amoureux eux aussi du noir et blanc et comme reporter soucieux de faire partager ces images.

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    1. Patrick LP

      Oui nous sommes sur la même longueur d’onde, connecté, relié. L’énergie de la nature est vitale, essentielle pour installer la sérénité en nous et un peu d’espoir en l’être humain.
      L’important, comme le dit Jim Carrey, c’est de jouer, d’avoir du fun.
      Je rajoute, dans ce sens, une autre photo dans les jours qui viennent.

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