Paul à Québec

20150728_124928C’est quoi pour vous le plus grand des voyages? Chasser le lion à crinière noire en Afrique, traverser l’Atlantique à la rame, vendre la maison et partir autour du monde, regarder grandir ses petits enfants ou simplement se préparer à mourir comme dans Paul à Québec de Michel Rabagliati.

Heureusement qu’il y a de l’humour dans la BD de Michel Rabagliati. Épuisées par une longue attente de veille au centre de soins palliatifs au chevet de leurs père (Roland), les trois sœurs dans le froid de novembre, assissent sur un banc du parc, fument du pot. L’énorme fou rire qui les secoue, bien au dessus du sol, est le bienvenue. Il y a aussi la casquette de Roland portée par sa petite fille lors de la cérémonie d’enterrement, la façon dont Rose et son grand-père se disent au revoir, avec un zoom magnifique au dessus du cimetière puis de la ville. Il y a le noir et le gris et aussi le reflet blanc sur le fleuve. Un adieu tout en douceur, feutré et poétique.

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Si le récit semble autobiographique, (comment décrire une expérience dans un centre de soins palliatifs s’en l’avoir vécu comme la famille Beaulieu), il est toujours juste et humain. La plus grande partie du livre parle des trois derniers mois de Roland. Il vient de prendre sa retraite quand on lui annonce qu’il a un cancer du pancréas. Il est « condamné ». Dans le centre de soins c’est l’attente de la fin, la colère, l’acceptation, la peur et le voyage dans l’inconnu. 

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Comme le dit Michel Rabagliati « C’est une histoire de relation humaine comme je les aime, une histoire de cœur. L’histoire de tout ce qu’il y a de beau et de poétique dans la vie. »

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J‘aime bien le titre en anglais The song of Roland. Paul à Québec m’a touché. Un film en sortira le 18 septembre 2015.

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