Mes putains tristes

20150721_102120Dans le roman de Gabriel Garcia Marquez, même si les putains sont tristes, il y a les maisons coloniales, la chaleur tropicale, les fenêtres fermées pour faire la sieste dans la pénombre ardente, les galettes de maïs au déjeuners et la liste des 514 putains d’un vieil homme laid, timide et anachronique.
Bref, il y a dans Mémoire de mes putains tristes, le monde magique et délirant de l’écrivain Colombien. Il y a aussi cette citation (attribuée à Jules César) : « Il est impossible de ne pas finir par être tel que les autres vous voient » qui donne au narrateur de cette histoire la détermination pour écrire sans pudeur son amour pour Delgadina.

Delgadina a à peine 14 ans. Elle travaille toute la journée à coudre des boutons dans un atelier, mais pour l’instant elle dort, nue et désarmée dans une des chambres de la maison close de Rosa Cabarcas. Ce que va en faire le vieillard de 90 ans, qui pour son anniversaire veut s’offrir une folle nuit d’amour avec une adolescente vierge, vous allez le découvrir dans le livre de Gabriel Garcia Marquez. Sachez qu’il sera condamné à mourir d’amour au terme d’une agonie de plaisir un jour quelconque après sa centième année.

Le livre de Louis Gauthier est plutôt déprimant. Dépression, solitude sous la pluie à Lisbonne. Aller trois fois dans la journée à la poste restante pour une lettre qui de toute façon n’arrivera pas, marcher dans les rues d’un pas décidé pour donner l’impression de savoir où aller. N’avoir rien à faire. Réciter des mantras du genre : « Qu’est-ce que tu fais là… Tu vas mourir… Tu vas mourir… » Et juste passer le temps qui passe lentement, qui passe mal.

J’ai lu le livre jusqu’au bout. C’est vrai que parfois, en voyage, je me suis demandé ce je que je faisais dans cette ville, dans ce pays, loin de ma famille loin, de mes amis. J’ai perdu du temps à fouiller, à la poste restante d’Harare, de Trivandrum ou de Papeete dans les casiers plein de lettres salies par les voyageurs, celle qui allait faire ma soirée. J’ai trouvé à Calcutta des lettres d’Amour, à Kandy des nouvelles de France, à Papeete l’annonce d’un décès. J’ai voyagé, beaucoup, seul. J’ai eu des coups de blues. J’ai pleuré, parfois, de solitude. Mais jamais je n’ai sombré dans la dépression et l’ennuie comme le personnage du roman de Louis Gauthier.

Deux romans, deux voyages. L’un sur les amours imaginaires d’un voyageur solitaire à Lisbonne. L’autre sur l’amour exalté d’un vieillard de quatre-vingt-dix ans dans la chaleur Colombienne. Merci Monsieur Marquez.

20150721_102042

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *