Chroniques de Jérusalem

20150702_141949Comme le dit Guy Delisle « Ah, merci mon dieu de m’avoir fait athée »

L’action se déroule en 2011. L’auteur avec sa femme, qui travaille pour Médecins sans Frontières « Il y a toujours des frontières » d’après le propriétaire d’un restaurant kebab dans la vieille partie de la ville, et leurs deux jeunes enfants, vont passer une année à Jérusalem. La situation dans ce coin perdu du monde est pire aujourd’hui qu’hier. Quand je suis allé en Israël, en Palestine, en Jordanie et en Syrie l’été 1985, les gens de ces pays avaient de plus en plus de mal à comprendre ce qu’il se passait chez eux. Aujourd’hui il est question de survie. Pourtant certain garde l’espoir. Je ne sais pas comment ils font. Et c’est là que le livre de Guy Delisle est particulièrement intéressant et bien fait.

Pas besoin d’être un spécialiste sur la question du Moyen Orient, pas besoin d’études et de statistiques pour comprendre que l’injustice faite à un peuple par un autre dans l’indifférence, sinon avec la complicité des gouvernements au complet, apporte exactement ce que ces derniers veulent mettre en place : le chaos. La motivation de brimer, de briser, de faire disparaître un peuple est criminel. Sans jamais prendre partie, Guy Delisle en dit plus sur la vie à Jérusalem que les spécialistes qui parlent pour ne rien dire. Tout le monde en prend pour son grade. J’adore la scène ou la femme de ménage terrorise les enfants chaque fois qu’elle débarque chez eux déguisée de son voile noir.

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Ce que j’apprécie dans les BD de Guy Delisle, c’est son humour. Et il en faut pour dessiner son année en Absurdistan. Souvent le dessin parle de lui même. Parfois juste un mot qui tombe comme une chute, efficace. Un livre qui se relit plusieurs fois en l’ouvrant au hasard, un livre complet. Au début de son séjour Guy comprend que ça va pas être simple : « Bon, j’ai rien compris mais je me dis qu’avec une année entière devant moi, je devrais arriver à comprendre quelque chose… » Un an plus tard, pas sur que ce soit plus clair pour lui. Mais son livre reste un formidable témoignage que je vous conseille de lire.

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Et comme le dit le sosie d’Antonin Artaud, rencontré dans le jardin d’un joli café à l’abri du regard des touristes :

« C’est bientôt la fin, et toi mon jeune ami… il faudra mettre de l’ordre dans ta vie. »

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