Voyage philosophique, destination… le Bonheur

20150226_100812La lecture du livre de Frédéric Lenoir est une source de Plaisir et de Découverte. Je n’ai pas étudié la philosophie. Pour moi, Schopenhauer était un compositeur de musique classique, Voltaire le nom de la rue où mes parents habitaient à ma naissance et Spinoza un plat grecque. Ce qui m’a touché dans le bonheur, un voyage philosophique, c’est de trouver un inconnu (Montaigne) qui est plus proche de ce que je pense et de ce que je suis même quand je ne pense pas. Une sorte de frère caché que j’accueille parmi les Nin, Bukowski, Bouvier ou Bobin de ma drôle de bibliothèque.

Quelques citations et réflexions de Frédéric Lenoir : (Les miennes sont entre parenthèse)
Aristote : La poursuite du bonheur constitue toujours une poursuite du plaisir.
(Toujours?)

Alain : Il est impossible que l’on soit heureux si l’on ne veut pas l’être.
(Impossible?)

Goethe : Le bonheur le plus grand est la personnalité.

Rock Hanson : Celui qui change son cerveau, change sa vie.

Voltaire : Le paradis terrestre est où je suis.

Épictète : Ce qui tourmente les hommes ce n’est pas la réalité, mais les opinions qu’ils s’en font.
« N’attends pas que les événements arrivent comme tu le souhaite; décide de vouloir ce qui t’arrive et tu seras heureux. »

Tilopa : Ce ne sont pas les choses qui te lient, mais ton attachement aux choses.

Donnée scientifique. (Pour ceux qui aiment les pourcentages)
Aptitude au bonheur, 50% de déterminants génétiques, 10% pour le cadre de vie et les conditions extérieures et 40% pour les efforts personnels.
(Quand tu discutes, si tu mentionnes un pourcentage, il y a 88% des gens qui vont croire tout ce que tu dis, avec trois ça monte à 98%)

(Je laisse Schopenhauer de côté, sauf son choix de se poser la deuxième question plutôt que la première)
Et si j’avais cela? Et si je perdais ça?

Jules Renard : Il ne suffit pas d’être heureux, encore faut-il que les autres ne le soient pas.
(Sympa Jules. T’aurais été heureux en 2015)

Sénèque : Pendant que l’on attend de vivre, la vie passe.
(Une lapalissade qui passe)

Épictète : Nul ne peut te faire de mal si tu ne le veux pas. Car tu subiras un dommage quand tu jugeras que tu subis un dommage.
(Pas sur de la comprendre celle là… dommage)

Aristote et Épicure : Pas de vrai bonheur possible sans amitié.
En œuvrant au bonheur des autres on fait aussi le sien.

Bouddha : Nous sommes ce que nous pensons.

boudisme

Goscinny et Uderzo

 

Pour moi le Bouddhisme, c’est l’histoire de ce paysan qui va voir le Bouddha dans son ‘monastère’ pour lui demander ce qu’il doit faire pour atteindre le nirvana. Le Bouddha lui montre les moines qui méditent et récitent des prières, en disant :

« Il y a une multitude d’écrits, de commentaires et de règles à faire ou à ne pas faire qu’il faut apprendre pour bien comprendre les lois de l’univers et se libérer. Apprends les 227 règles du Patimokkha »

« Comment voulez-vous que je passe mes journées, ma vie, à méditer et étudier, je travaille du matin au soir dans les champs. Quelles sont les principales règles que je dois connaître sans devenir moine? »

« Tu dois alors apprendre les 10 préceptes essentiels » lui dit le Bouddha.

« 10 préceptes! C’est encore trop pour moi. J’ai aussi ma femme et mes enfants dont je dois m’occuper. J’aime aller sur internet et Facebook. Avez-vous quelque chose d’encore plus simple? »

Alors le Bouddha le regarde (avec compassion j’imagine) et lui dit :

« Il y a une règle au dessus de toutes les autres. Retiens-là et tu atteindras le nirvana. La voici : Tu as le droit de faire TOUT ce que tu veux. Il y a cependant une seule chose à ne pas faire. C’est de perturber la paix et l’harmonie des êtres vivants. »

PS : Pour la règle numéro un de Monsieur Bouddha, dont j’aime la simplicité, je ne suis pas sûr que ça fonctionne. Vais-je perturber la paix et l’harmonie d’un extrémiste (toute sorte confondu), en lui disant ce que j’ai sur le cœur? Suis-je dans ma vibration quand je garde pour moi mon malaise et que je pratique une auto-censure cancérigène? D’où l’importance de l’optimisme et de l’influence négative et polluante des médias.

Voilà pourquoi j’ai tant apprécié de découvrir Montaigne

Si les lois me menaçaient seulement le bout du doigt, je m’en irais incontinent en trouver d’autres, où que ce fût.

Philosopher, écrit-il, c’est apprendre à mourir, mais qu’il est préférable comme les paysans qu’il observe ne n’avoir aucune pensée d’elle. La vie est bien trop précieuse pour penser à autre chose qu’elle

Se réjouir de la vie et de ne penser autant que faire se peut, qu’à ce qui me rend joyeux.

Chaque individu doit pouvoir trouver la voie du bonheur qui lui convient, en fonction de ce qu’il est, de son caractère, de sa sensibilité, de sa constitution physique, de ses forces et de ses faiblesses, de ses aspirations et de ses rêves.

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Montaigne reproche aux philosophes de prêter à leur réflexion l’apparence d’une vérité absolue. Toutes choses est perçue en fonction du point de vue de celui qui la regarde ou l’expérimente. Le bonheur est en nous, et dans la satisfaction profonde que nous pouvons tirer des plaisirs simples de la vie qui, pour la plupart, ne coûtent rien.

Le vrai projet éducatif devrait consister à apprendre à l’enfant à développer son jugement.

La maladie fait partie de l’ordre naturel des choses et Montaigne recommande de laisser le corps faire lui-même son œuvre de réparation et d’éviter de se soigner par d’autres moyens que ceux que propose la nature. (Il semble que les médecins de l’époque étaient pire que ceux d’aujourd’hui)

Refuser de partager la souffrance d’autrui. Aider les autres, oui, mais pas au détriment de soi. Agir avec courage, mais ne jamais surestimer ses forces. Connaître et accepter sa nature propre pour apprendre à jouir au mieux de la vie.

Comme Montaigne, Tchouang-tseu, (taoïsme) propose la voie inverse à l’engagement politique, le retrait des affaires du monde. Ils ont l’humour en commun.
Apprendre à vivre non par l’apprentissage d’un savoir théorique, mais par l’expérience de la vie.
(Doctrine du non agir, Notion du Yin Yang.)
C’est en s’oubliant qu’on se trouve, en refusant d’agir qu’on exerce une influence, en redevenant enfant qu’on accède à la sagesse, en acceptant sa faiblesse qu’on devient fort, en regardant la Terre qu’on découvre le Ciel, en aimant pleinement la vie qu’on peut accepter sereinement la mort.

Spinoza

L’être humain est essentiellement mû par ses « affects » (émotions, sentiments).

L’homme ne né pas libre, il le devient.

Le corps et l’esprit sont deux mêmes réalité qui s’expriment selon deux modes différents.

Joie et tristesse sont deux sentiments fondamentaux.

Chacun doit apprendre à se connaître.

Renoncer à suivre une morale extérieure, dogmatique, transcendante, prétendument valable pour tous.

Pour Spinoza, l’intuition, nous procure la joie la plus parfaite car elle nous fait entrer en résonance avec l’univers entier.

Développer la confiance et la compassion pour lutter contre la peur et la haine.

L’esprit et le corps (la matière) ne font qu’un.

Le désir est l’essence de l’homme.

Pour Frédéric Lenoir, le bonheur c’est aimer la vie, c’est vivre intensément chaque instant. La joie est une vérité universelle quand nous sommes en accord avec nous-même, avec autrui et avec l’univers. Quand je vibre avec mon être profond.

Le bonheur, un voyage philosophique qu’il me fait plaisir de partager avec vous. (Merci Vincent)

portrait Babou

Et pour finir, cette phrase de Christian Bobin, qui pour moi résume bien ce livre :

Je suis heureux et rien n’en est la cause

5 réflexions au sujet de « Voyage philosophique, destination… le Bonheur »

  1. vincent

    Le bonheur est le reflet de notre âme. Plus je reste prés de ce que je suis, plus le monde me souri.Lorsque l’on est prés de ceux que l’on aime ,il faut leurs dire. Il n’y a jamais suffisamment de temps pour leurs dire. »Je t’aime »est un mot qui sauve ceux qui sont en peine et confirme ce que tous le monde pense et souhaite. Alors osons dire « je t’aime « juste pour le plaisir de l’autre.

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    1. Patrick LP

      Ce matin tout me dit : Je t’aime.
      – L’énergie qui relie ma famille
      – Les sons qui flottent dans la maison
      – La lumière et les couleurs
      – Des mots, des larmes, des rires
      – le bleu des yeux de Manouche dans lesquelles je plonge avec plaisir et inquiétude
      Ce matin tout me dit : Je t’aime

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  2. vincent

    Je sais que les émotions passent. Mais je ne sais pas. Alors je ne peux qu’imaginer ce qui se passe, je ferme les yeux et j’imagine, l’air que je respire qui est l’air que tu respires, le ciel, c’est celui que tu regardes, et j’imagine encore que je suis avec vous tous partageant l’instant, dans ce moment je mets tout ce que j’ai de meilleur et j’imagine le partager avec vous tous.

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  3. vincent

    Ce livre ,comme « Petit traité de vie intérieur » m’a vraiment fait du bien et m’a aidé à trouver des « outils » pour avancer lorsque je ne savais plus trop écouter ce que mon cœur voulait me dire.
    Merci
    A lire et garder à son chevet.

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  4. Vincent Riviere

    Dans le même registre mais du coté de l’inde « Krishnamurti -Le sens du bonheur -« .Un philosophe qui parle du bonheur et de la « liberté » d’une manière tellement vrai que l’on a l’impression qu’il nous parle comme on pense.
    La liberté commence lorsque l’on ne recherche plus ce que l’on désire.
    A bientôt

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