Dés l’instant où vous suivez quelqu’un…

20150111_150359

Musée de l’histoire 11 01 2015

Dés l’instant où vous suivez quelqu’un, vous cessez de suivre la Vérité.
C’est Krishnamurti qui l’écrit. Moi, d’abord, j’aurai pas mis de majuscule à vérité. Par les temps qui courent, elle sent bien trop mauvais…

Je ne parlerai pas non plus de la votre, car je ne la connais pas. La mienne a l’odeur de la peur et de la solitude. Je ne veux plus entendre parler de dieu et encore moins de quelques religions ou politiques que se soit. J’ai envie de dire :

«  Dés l’instant où je suis quelqu’un, je perds ma liberté »

Et aujourd’hui je dois accepter ce sentiment d’être seul. Pourtant je vous admire d’être sortis, avec vos enfants, dans les rues ce dimanche 11 janvier 2015. La liberté d’expression est vitale et quand on y ajoute l’humour, c’est la façon de communiquer la plus belle. J’ai besoin que les choses soient drôles, irrévérencieuses, exagérées. J’aimerai, comme certains dessinateurs, avoir cet humour provocateur mais teinté d’humanité. Une partie du mien est noir, comme une partie de la Terre, comme cette partie au fond de moi. Il y a en moi du noir et de la lumière. Ces deux matières sont faites de colère et d’espoir.

charl

Ça demande tellement de courage pour dire ou écrire ce que je ressens.

Après ce qui s’est passé pour Charlie Hebdo, j’ai eu envie de jeter tous mes livres. Tous ceux dont les auteurs disent avoir la vérité. J’ai juste besoin de croire en moi. Mes croyances sont les miennes, les vôtres vous appartiennent. Et j’aimerai encore mieux n’en avoir aucune. Si j’ai fait semblant d’en accepter certaines, semblant d’être d’accord, c’était par peur, peur de n’être pas aimé, d’être agressé, peur de blesser, et aussi par lâcheté. Comme il est grand le courage de ceux qui veulent rester libre. Je croyais avoir laissé toutes mes peurs au Brésil chez Joao, où j’en ai déjà lâché beaucoup, mais la peur des cons ou plus précisément celle de leur inhumanité et de leur violence, m’atteins encore.

dessin

Si j’ai choisi de parcourir, cette semaine, un livre de Krishnamurti, (le plus souvent c’est les livres qui nous choisissent) c’est pour une citation, perdue au milieu d’un flot ininterrompu comme une sorte de soupe un peu écœurante de messages sur internet, qui disait en gros : laisser les religions, essayer en premier l’humanité. Krishnamurti répète souvent que pour être libre il faut se détacher de toutes les peurs. Que c’est en se changeant de l’intérieur que je pourrais changer mon monde. Je sais que je porte en moi toute la beauté du monde, le rire d’un enfant, le chant d’une mésange, la lumière d’une lune rouge, la ligne d’horizon sur le Pacifique, l’odeur de la coriandre, ton corps collé au mien, la chaleur du soleil sur ma peau, je sais, pour l’avoir vécu en méditation Vipassana, que la troisième guerre mondiale est aussi en moi. Je suis d’ombre et de lumière mais je n’ai pas peur car j’ai choisi la Lumière et l’Amour.

encre

À la question :

« S’il y a un fou en liberté et qui se met à tuer les gens, et si l’on a la possibilité de l’en empêcher en le tuant à son tour, que doit-on faire? »

Krishnamurti répond :

« Donc tuons tous les présidents, tous les tyrans, tous les voisins et nous-mêmes. Non ne riez pas. Nous avons, par notre propre violence, contribué à l’état où se trouve le monde… Pour susciter un autre mode de vie, il faut le susciter, non pas pour les autres mais pour soi-même, parce que l’autre c’est soi-même. »

16 juillet 1970 dans l’impossible question.

20150105_093444

Et pour terminer, puisque j’ai jusqu’à fin janvier pour présenter mes vœux…

Que la nouvelle année soit douce, chaude ou parfumée, bref qu’elle soit exactement comme vous la souhaitez.

charlie

3 réflexions au sujet de « Dés l’instant où vous suivez quelqu’un… »

    1. Patrick LP

      Je pense comme toi, Vincent, que nous avons chacun notre vérité. Et que celle si n’est pas figée, ou définitive. Elle change au court de ma journée, elle a la couleur chaude au soleil levant, plus froide vers le midi en fonction de la saison, sombre et plein d’étoile à la noirceur. Finalement la vérité ça n’a pas beaucoup de consistance ni même d’existence puisque que ça change tout le temps. Il nous faudrait déjà nous rapprocher du moment présent. Mais finalement c’est quoi le moment présent ? Pour l’instant je médite sur ta « petite » phrase cadeau. Merci

      Répondre
      1. Vincent

        Bonjour ou bonsoir
        Ce qui est bien dans un commentaire c’est qu’il n’y a pas cette notion de temps, on peut le relire, s’arrêtait et reprendre sans contraintes de temps.
        Ça me fait penser à ces moments de méditation ou tout est permis même d’avoir confiance, ou toutes ces notions qui balisent notre vie n’existent plus, ou l’on peu puiser au plus profond de soi et revenir libre de tout attachement.
        J’aime cette notion de confiance ou l’instant devient notre puits infini d’inspiration.
        Merci

        Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *