Comme un Tarantino

20141111_090801Dans la première scène du film « Inglorious basterds », on sait… dés les tout premiers instants, que ça va mal finir. On ne sait ni comment, ni quand, ni si ça va être saignant mais on sait que c’est foutu d’avance. Comme le paysan devant le chasseur de juifs, Kino, le pêcheur de perle est devant l’acheteur aux yeux froids et cruels. On sait déjà que la transaction de la plus grosse perle au monde sera une tragédie. Elle a commencée, dans le roman de Steinbeck, par l’attaque du scorpion sur l’épaule du bébé de Juana et de Kino. On le sait car les intentions du docteur qui se déplace enfin pour examiner Coyotito sont ignobles. On le sait aussi car Steinbeck, après l’arrivée du soit disant médecin, a écrit :

« Là-bas, dans l’estuaire, un banc serré de petits poissons rutilait, fendant l’eau pour échapper à un autre banc de poissons plus gros qui les poursuivaient pour les dévorer »

téléchargement pearl
La vie des indiens de Baja California est rythmée à chaque instant par des chansons. La chanson de la famille ne pourra conjurer le danger. La curée peut commencer. C’est le chant de l’ennemi, le chant du mal mélangé à la musique de la perle dissonante et folle qui s’élève.

Dans la ville de La Paz si une personne n’enfreint pas la loi, reste comme tout le monde et ne vient troubler le confort et la paix de la ville alors il peut disparaître sans qu’on se soucie jamais de lui. Si au contraire il sort de la norme, qu’il ai l’audace de rêver une vie meilleure pour ses enfants, les habitants réuni par la bêtise vont lui tomber dessus. Kino vient de défier un système qui va le broyer.

« Dans sa tête, il n’entendait plus que la noire musique de l’ennemi »

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Il y a parfois dans les films, plus de litres de sang sur les murs éclaboussés que dans le corps de tous les acteurs éventrés. Il y a pas cette dérision, cette exagération dans le roman de La Perle. Pas d’humour mais l’implacable descente au enfer pour Kino et sa famille. Ce livre me fais un peu la désagréable impression de rallumer les news à la télé après des années sans électricité. La violence et l’injustice du monde me saute à la gueule et vient polluer mon sang. Pourtant, j’ai adoré ce livre. Un scénario à la Tarantino. L’écriture est magnifique, dramatique, c’est pas pour rien que Steinbeck reçoit le prix Nobel de littérature en 1962.

Il y a des événements dans notre vie qui sont comme un point de non retour, comme un caillou dans la machine et qui fait tout dérailler. Ensuite on est pris dans la tourmente et notre vie ne sera plus jamais comme avant.

« Si cette histoire est une parabole, peut être chacun en tirera-t-il sa propre morale et y découvrira-t-il le sens de sa propre vie »

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Quel est le sens de votre propre vie? Pas sur que vous trouviez la réponse dans le roman La Perle de John Steinbeck.

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