Anna Gavalda. La vie en mieux

20141009_172125En revenant d’Ottawa pendant, qu’un restant de patates et de pâtes (bonjour la diététique) grillaient dans la poêle au son d’ Echoes, un vieux morceau des Pink Floyd, une toune que je n’avais pas réécouter depuis au moins 45 ans… tabarnak (bonjour la nostalgie) j’ai dévoré la deuxième partie du livre d’Anna Gavalda. Et j’ai vraiment aimé.
Yann se perd entre un boulot de…

de vendeur de gadgets made in China qui ne servent à rien… un CDI (Contrat à durée indéterminée)… indéterminée… comme si cette galère devait durer jusqu’à l’éternité et une copine très à cheval sur sa carte de fidélité. Bref tout un tas de choses qui donne juste envie de déprimer.Dans une société aseptisée, vidée d’humanité, Yann va croiser ses voisins de palier, et être invité par la belle Alice et son Rabelaisien de mari, Isaac. « Les gens qu’on aime, on ne les rencontre pas , voyons, on les reconnaît. Vous ignoriez cela? »  L’apéro, de vin rouge et de rire, « Mais, tu sais… la vraie clef du bonheur, je crois, c’est de rire. De rire ensemble », va percer la cuirasse d’apathie du jeune homme. Au fil de la soirée un peu décapité, jusqu’au milieu de la nuit, Yann va faire le bilan de sa vie.

Mais surtout, Yann va tomber des nues.
« Je ne savais pas que l’on pouvait vivre ainsi… J’étais comme un pauvre reçu chez des gens extrêmement riches… et je sentais monter en moi une pointe de tristesse, d’envie. »

Il faut parfois aller au bout du désespoir pour réagir, pour ouvrir son cœur et ses yeux. Le jeune homme est à un tournant de sa vie ou comme devant un chemin qui se sépare en deux. Et heureusement il y a la rencontre. Ensuite, la vie est faite de choix. Et notre plus grande responsabilité est de les assumer. Par nos choix, nous créons notre vie. Pour moi, j’en parlais un peu la semaine dernière, celui de partir n’est plus une fuite mais une marche en avant. Je me revois, au dessus du cercle polaire, le corps nu, fumant au sortir du sauna, brisant avec une hache, la glace d’un lac gelé, et le corps blanc de Tally, si blanc… plonger dans l’eau noire… si noire et… ma pensée va un instant pour ceux que j’ai laissé, ceux que j’ai quitté pour être ici, cette nuit, et ceux qui voulait me dissuader de m’en aller. Et je me dis, « en mon fort intérieur » (comme ça sonne bien cette expression). « Seigneur, qu’est-ce que j’aurai raté… si je les avait écouté! ».

Personne ne va choisir pour toi. Écoute seulement ce qui est tout au fond de toi. Ressent comme ça vibre, comme ça chauffe en dedans.

Les personnages d’Anna Gavalda préfèrent encore prendre le risque de se tromper de vie plutôt que de n’en vivre aucune. La vie… mais en mieux.

Ce soir j’ouvre, pour la première fois depuis des lustres et des moussons, le Grand Atlas du Monde sur la double page Péninsules Indienne et Indochinoise puis celle d’Insulinde en survolant du bout du doigt les îles confettis de la mer de Florès et de Banda.

Sur ma liste pour demain :

– Acheter une bouteille de vin

– Vérifier tous nos passeports

2 réflexions au sujet de « Anna Gavalda. La vie en mieux »

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