L’homme qui avait soif : Hubert Mingarelli

20140908_131229Imaginez… vous êtes dans une gare. Vous êtes descendu du train pour faire quelque chose de vital. Vous avez laissé votre valise sous le siège du compartiment. Le train repart mais il vous est impossible d’arrêter de faire cette chose, de vous lever et de  rattraper le train. Sous vos yeux, votre valise, contenant quelque chose de vital, disparaît.

Le train était parti, et Hisao crut perdre la tête lorsqu’en se penchant vers ses mains il vit qu’elles n’étaient pas encore pleines.

Tiraillé entre un besoin compulsif de boire et celui de retrouver le cadeau qu’il veut offrir à sa fiancé, Hisao va suivre la voie ferrée puis une route défoncée à la poursuite de sa valise, à moins que cette odyssée ne soit qu’une fuite pour éloigner des souvenirs de bataille, le goût de la terre dans sa bouche et la perte d’une ami.

Ce qui est fantastique dans l’écriture d’Hubert Mingarelli, c’est la puissance des phrases et surtout l’espace qui m’est offert pour y écrire ma propre histoire.

Il y a quelque chose d’hallucinant dans ces livres, de parfaitement hypnotique, quelque chose de magique. Atteindre la simplicité. La simplicité c’est quand on touche à l’essence de la vie. À l’essentiel.

C’est un peu comme quand on voyage dans un pays dont la langue est inconnue, tout a fait incompréhensible. Alors on apprend 2 ou 3 mots, on dessine sur une nappe en papier ou derrière une publicité déchirée, on parle avec les mains en dessinant des images dans l’air. Il faut aller directement au but. Communiquer comme un enfant. Oublier les discours vides, ou les approches tortueuses. Arrêter de parler pour ne rien dire.

Deux livres d’Hubert Mingarelli m’ont touché au cœur et m’ont permis de me rapprocher de mon père. D’apprivoiser les silences pour enfin dire ce qui n’avait pas été dit.
Une rivière verte et silencieuse
Les gens prétendaient que mon père était un raté. Ils omettaient de dire qu’il avait attrapé des truites bleues à la main.
La dernière neige
Un court silence et il a dit doucement :
– Je sais pas comment, mais je serais toujours avec toi.

L’homme qui avait soif raconte l’amitié, la soif qui revient, la vie qui s’en va.
« Takeshi murmura, lentement et d’une voix plus frêle que lorsqu’il chantait : Maman, papa, j’ai mal aux mains, j’ai mal à la tête, à quoi ça sert de vivre. » Et dans sa fièvre, après que Takeshi eut cessé de respirer, Hisao eut besoin de réfléchir pour savoir qui de lui ou de Takeshi avait parlé.

Il y a dans ce dernier livre d’Hubert Mingarelli beaucoup plus de détails, d ‘événements, d’actions et de mouvements. Il y a heureusement les mêmes silences : – Moi je me suis ouvert à toi, mais toi tu n’es pas obligé. Des questions sans réponses : – Pourquoi tu m’as fait ça, maintenant on a mal partout tous les deux. Et toujours cette dignité et cette même humanité.

Merci à Jacqueline et Bruno qui m’ont offert ce livre

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