Vivre en pleine conscience Thich Nhat Hanh

20140625_140120 - Copie
Ce que je pense de ce livre :
Le livre de Thich Nhat Hanh est comme les facettes d’un diamant qui brille au fond d’une mine, comme les milliers de bougies qui éclaire une cathédrale. C’est un vrai trésor. Il est vital car il met en avant deux conseils qui sont en train de transformer ma vie. Rassurez-vous, pas besoin de faire dix ans d’université, ou de payer des milliers de dollars de formation pour y avoir accès. C’est même trop simple pour que la plupart des gens s’en servent vraiment.
La première chose, c’est d’écouter son cœur. Écouter, c’est …être conscient, être totalement présent à ce que je vis, là, maintenant. Le moi véritable, l’âme ou la grande conscience, (peu importe le nom que je lui donne), l’idée est de se connecter au plus proche de ce que je suis vraiment. Cette partie de moi qui est sagesse infinie. Je sais quand je suis en contact avec cette partie car ça vibre en moi et je n’ai plus de peur ou de doute. Même si le mental embraque rapidement, je sais que je viens de toucher un moment de magie. Pour cela il me faut juste un peu de temps pour me connecter à moi-même. Je choisi un lieu tranquille, une église abandonnée, un sentier qui travers une forêt… et je me pose cette question :
« Qu’est-ce que j’ai vraiment envie, maintenant ? »
La deuxième chose, c’est ce que je vais faire avec la réponse à cette question. C’est d’être dans l’action. Pour matérialiser un rêve, une envie ou un projet il faut poser des gestes, faire une action, un premier pas, un coup de téléphone, oser sortir, aller vers l’autre. Je dois m’engager et me dépasser. Si mon rêve est immense, je peux l’organiser en plusieurs étapes plus faciles à réaliser. L’important c’est de faire une action, là, maintenant, tout de suite. C’est vous qui êtes au commande du navire, vous êtes le capitaine, le conducteur. Pour aller vers une destination, il faut démarrer, ensuite vous pourrez toujours rectifier et ajuster votre direction, corriger votre route. Alors :
« Qu’elle est l’action, aussi petite soi elle, que vous allez choisir, maintenant ? »
En 2002, je vivais dans le sud de la France et j’avais enregistré pour les mal-voyants d’une bibliothèque sonore ce livre de Thich Nhat Hanh « vivre en pleine conscience » Paix et joie dans les tribulations de la vie. Des éditions Terre du Ciel. Cette lecture m’avait beaucoup touché.
Maître zen, Thich Nhat Hanh est né en 1926 au Viêt-Nam. Poète, jardinier, inlassable défenseur de la paix, il figure parmi les personnalités les plus engagées du bouddhisme dans le monde occidental. Il vit actuellement dans le sud-ouest de la France au sein d’une communauté bouddhique, le « Village des Pruniers », qu’il a créé en 1982. Le maître y enseigne l’art de vivre en Pleine Conscience au quotidien. Le Village rassemble aujourd’hui plus de 150 moines et moniales de toutes nationalités et accueille chaque année près de 4000 retraitants.

Voici les quatre composantes de l’amour véritable.
1. Maitrî (bonté aimante, bienveillance) est la capacité d’offrir de la joie et du bonheur à la personne que vous aimez en pratiquant le regard profond avec elle pour la comprendre. La compréhension est l’essence de l’amour. Pour cela il faut prendre le temps, être présent et observer.
2. Karunâ est la capacité de soulager une personne. Pour cela vous devez méditer pour regarder profondément au cœur des choses.
3. Muditâ (la joie). Sans joie, pas d’amour véritable.
4. Upékshâ (équanimité ou liberté). Vous devez offrir la liberté à celle ou celui que vous aimez et que cette personne sente cette liberté en elle et autour d‘elle.
« Chéri(e), as-tu assez d’espace dans ton cœur et autour de toi ? »
On pourrait dire de ce livre que c’est un « petit livre » 89 pages, 9,5 par 14.5, moi je dirais que c’est un grand petit livre. Que si j’intègre et que j’installe ces quatre composantes dans mes relations avec la personne que j’aime, je vais vivre dans l’amour véritable. La seule façon de transformer notre vie c’est de mettre en action des préceptes comme ceux-là ou encore les quatre accords de Don Miguel Ruiz dont je parlerai bientôt. Quatre petits conseils simples pour changer la vie. Le problème avec les humains c’est qu’ils n’achètent pas quand c’est trop simple. Qu’ils ne mettent pas en pratique ce qui pourrait transformer leurs vies.

Aimer c’est être là
Thich Nhat Hanh va nous proposer tout le long de son livre, des mantras qui sont un peu comme des formules magiques. Avez-vous du temps pour aimer ? C’est la première question à se poser. Car pour aimer il faut avoir une vraie présence. Et pour cela il nous donne un exercice tout simple, trop simple pour certain.
J’inspire – je sais que j’inspire ; j’expire – je sais que j’expire.
Cet exercice va vous permettre d’être vraiment là. La respiration est l’outil de plus puissant pour relier le corps et l’esprit. En étant vraiment présent, ce que vous allez prononcer va devenir un puissant mantra. Alors, pratiquez quelques instant la respiration consciente et ensuite allez au-devant de la personne que vous aimez et prononcer ce premier mantra.
« Chéri, je suis là pour toi. »
Il nous faut trouver le temps pour apprendre à être là puis d’aller vers l’autre. Si je suis présent et que je dis ce mantra, cela va engendrer une révolution dans ma vie.

Reconnaitre la présence de l’autre
Avec ce deuxième mantra, vous allez faire un deuxième pas : Reconnaître la présence de l’autre. Aimer c’est être, être aimé c’est d’être reconnu. Pratiquez la respiration consciente plusieurs fois et avancez-vous vers l’autre en disant :
« Chéri(e) je sais que tu es là, et j’en suis très heureux. »
Thich Nhat Hanh pratique cette méditation de la pleine conscience en regardant une fleur de cerisier, ou la pleine lune. Dans cette méditation il y a l’amour, la compassion, la joie et la liberté.

Être là quand une personne souffre
Quand vous êtes présent, il vous est facile de voir que la personne souffre. Alors vous pouvez prononcer ce troisième mantra :
« Chéri(e), je sais que tu souffres, c’est pourquoi je suis là pour toi. »
Et votre présence peut devenir un vrai miracle.

Surmonter l’amour propre
Vous souffrez en pensant que cette souffrance vient de la personne que vous aimez le plus au monde. Le quatrième mantra est simple mais très difficile à faire nous dit Thich Nhat Hanh en racontant cette histoire qui se passe au Viêt-Nam.
Il était une fois un jeune homme parti à la guerre en laissant chez lui sa femme qui était enceinte. Deux ans plus tard, la guerre est finie. Il retrouve sa femme et son petit garçon. Ils sont tellement heureux d’être réuni. Le lendemain matin, la femme va au marché acheter tous les ingrédients pour faire des offrandes aux ancêtres sur des autels que l’on trouve dans toutes les maisons du Viêt-Nam. Cela permet aux gens de garder des racines. Pendant ce temps, le père essaie de convaincre le petit garçon de l’appeler Papa. Bien sûr l’enfant ne connait pas cet homme et lui dit :
« Monsieur, vous n’êtes pas mon papa. Mon vrai papa vient tous les soirs. Il parle avec ma maman, et ils pleurent ensemble. Quand il s’assoit, ma maman s’assoit aussi. Quand il s’allonge, ma maman s’allonge aussi. »
En entendant les paroles de l’enfant, le père est très malheureux, son cœur se rempli de tristesse et d’humiliation. Quand sa femme revient du marché, il ne la regarde pas, ne lui parle pas. Alors la femme commence à souffrir aussi. Le père offre de l’encens sur l’autel des ancêtres et ne laisse pas sa femme faire la même chose. Elle se sent humiliée. Les jours suivant, il passe ses soirées à boire dans un bar et rentre tard le soir. Au bout de quelques jours, la femme souffre tellement qu’elle se jette dans la rivière et se noie. Tard dans la nuit, apprenant cette horrible nouvelle, le père allume la lampe. L’enfant, en montrant l’ombre de l’homme sur le mur, s’écrie:
« Monsieur, Monsieur, mon papa est revenu. Vous savez, mon papa vient chaque nuit et il pleure avec ma mère.»
Le père réalise que sa femme, se sentant si seule, parlait à son ombre. La perception du père était fausse. Les deux époux n’ont pas su communiquer et dire leur souffrance. L’amour-propre ou l’égo a empêché de le faire. Il est trop tard. Ils n’ont pas su utilisé ce quatrième mantra :
« Chéri(e), je souffre tant, aide moi s’il te plait »

L’écoute profonde
Il faut avoir du courage et de la joie pour pratiquer ces quatre mantras. Parfois la situation est devenue impossible. Chaque geste ou chaque mot va blesser l’autre personne. Elle va devenir comme un bloc de souffrance, comme une bombe prête à exploser. En pratiquant la méditation et l’écoute profonde on peut déjà offrir à l’autre beaucoup de soulagement.
Réapprendre à parler avec amour
Pour aider un jeune américain à faire la paix avec son père, Thich Nhat Hanh lui propose d’écrire une lettre en faisant, la première semaine, la méditation suivante :
« J’inspire – je me vois garçon de cinq ans ; j’expire – je souris à l’enfant de cinq ans »
La semaine suivante, le jeune homme devait méditer sur son père :
« J’inspire – je vois mon papa comme un petit garçon de cinq ans ; j’expire – je souris à ce garçon qui a été mon papa »
Et le jeune homme visualise et réalise que son papa a été un petit garçon qui a souffert. Il écrit une lettre à son père et cela apporte la paix dans son cœur.

Restaurer la paix en soi
Voici ce qu’a dit le Bouddha :
« L’objet de vos pratiques doit être tout d’abord vous-même. Votre amour pour l’autre, votre capacité d’aimer une autre personne dépend de votre capacité à vous aimer vous-même »
Nous régnions sur un royaume composé de cinq composantes.
1. Notre corps, souvent mal connu.
2. Nos sensations, agréable, désagréable ou neutre.
3. Nos perceptions à observer.
4. Nos formations mentales (51 sortes)
5. La conscience-connaissance.
Notre travail est de gérer notre royaume au lieu de partir en croisade dans d’autres pays lointains. Au lieu de fuir devant la télévision, en mangeant trop ou en s’abrutissant avec un travail qui ne nous apporte plus de joie.
La pleine conscience est une énergie qui permet de revenir à nous-même, de rétablir la paix en nous-même. Alors il nous est plus facile d’aider les autres. Pratiquer la méditation tous les jours à tous les moments de la journée, en se lavant, en cuisinant, en marchant, au téléphone.

L’énergie de la pleine conscience
Méditer, comme on l‘a vu plus haut, n’est pas de fuir ou d’ignorer la souffrance mais de la regarder en face. Tout est nous, il n’y a rien à supprimer. Juste inviter une autre énergie pour prendre soin de cette souffrance ou de cette colère comme le ferait une maman avec son bébé. Avec tendresse. Quand on boit de l’eau on est conscient de boire de l’eau, quand on est en colère on est conscient d’être en colère, quand on respire, on est conscient de respirer. La colère, l’eau ou la respiration sont des énergies. La pleine conscience en est une autre qui va prendre soin de notre colère et du reste.

Prendre soin de nos douleurs
Chaque fois que vous avez quelque chose à ‘’soigner’’ ou a ‘’transformer’’, utilisez la pleine conscience seulement 5 ou 10 minutes et vous aurez un soulagement immédiat. Quand une maman entend son bébé pleurer, elle laisse de côté ce qu’elle faisait et vient s’occuper de lui. Et juste de le prendre dans les bras avec tendresse procure un soulagement au bébé. Ensuite la maman pratique le regard profond pour découvrir ce qui faisait pleurer son bébé. Faites la même chose en méditation.
« Je sais que tu es là ma colère, respire, je suis en train de prendre soin de toi »
La conscience et le regard profond doivent être présent ainsi vous laissez de la place pour accueillir la sagesse et la compréhension.
Vous pouvez aussi utiliser cette méditation pour la peur de vieillir :
« J’inspire – je sais que ma nature est de vieillir ; j’expire je sais que personne ne peux échapper à la vieillesse »

L’importance de la communauté
Pour ne pas affronter des souffrances, nous avons toutes sortes de dérivatifs. Et l’énergie circulant mal dans le corps, provoque encore plus de souffrances. Il nous faut accueillir nos douleurs avec l’énergie de la pleine conscience pour refaire circuler l’énergie dans le corps. Thich Nhat Hanh nous conseille de nous entourer de gens qui pratique cette pleine conscience.

Le principe de non-dualité
Une douleur se manifeste au niveau mental puis se dilue et devient plus faible. Laissez cette circulation se faire naturellement. Il n’y a pas de bien ou de mal, de positif ou de négatif. On peut comme un jardinier réutiliser et transformer les déchets en compost. Nourrir les fleurs et les fruits. Il n’y a rien à jeter, les fleurs et les fruits redeviendront compost. Comment pourriez-vous faire l’expérience du bonheur si vous ne savez pas ce qu’est la souffrance ? Il n’y a pas de combat, juste un regard non violent face à cette douleur.

Se réconcilier
Il n’y a pas de combat, juste un regard non violent face à cette douleur. Vous pouvez être conscient de chaque partie de votre corps. Vos yeux vous permettent de jouir de la magie de la vie, la lumière de l’aube, la brillance des étoiles, le sourire d’un enfant ou du regard de l’amour. Avec vos oreilles, entendre le chant d’un oiseau, vibrer aux mots je t’aime. Notre cœur travaille jour et nuit toute notre vie sans jamais se reposer. Notre peau est une merveille de la création. En étant dans la pleine consciente vous allez pouvoir toucher votre cœur, vos organes, être plus libre.

Redevenir vivant
Pour être vivant il faut être conscient dans le moment présent. Thich Nhat Hanh cite Albert Camus qui écrit :
« Des milliers de gens circulent autour de nous en transportant leur propre cadavre »
Au village des Pruniers, les gens pratiquent la méditation marché. Quelle est notre destination finale, pourquoi se presser ? La vie est ici, là et maintenant.
La méditation de téléphone
Thich Nhat Hanh propose ici d’essayer la méditation du téléphone. Si vous avez des soucis et que le téléphone sonne vous n’êtes pas dans un état de sérénité et vous vous dépêchez pour répondre. Maintenant vous allez faire un peu différemment. Quand la sonnerie va retentir vous allez rester sur place :
« J’inspire – je me calme ; j’expire – je souris »
Ensuite, à la troisième sonnerie, allez vers le téléphone en pratiquant la méditation consciente et la méditation marché. Respirez et souriez. Vous pouvez aussi imaginer que votre correspondant c’est installer dans cette énergie en relisant cette phrase avant de composer votre numéro :
« Je suis déterminé à pratiquer l’écoute profonde. Je suis déterminé à pratiquer la parole aimante »
Imaginez un instant votre communication téléphonique après avoir installé cette énergie.
Dans ce même chapitre, Thich Nhat Hanh nous offre de pratiquer la méditation de l’étreinte.

Tout le monde doit pratiquer la méditation
La méditation en pleine conscience permet d’installer la paix, la joie et une meilleure relation à soi et aux autres. Imaginer, nous dit l’auteur, quels seraient les changements dans le monde si tous les membres d’une même famille ou que tous les députés de l’assemblée pratiquaient cette méditation .Méditer en tant que communauté, que famille, que nation.

Se débarrasser des concepts
Dans le bouddhisme, le nirvana c’est quand il n’y a plus de peur dans notre vie de tous les jours. La méditation nous aide à toucher la non-peur. La peur né de nos croyances, de notre ignorance, de ce que l’on croit de la vie et de nos relations. Même la naissance et la mort sont des notions qui ne s’appliquent pas à la réalité ultime. Alors pour toucher ce nirvana (pas pour le trouver car nous sommes déjà le nirvana) Thich Nhat Hanh nous recommande de pratiquer la méditation consciente dans tous les aspects de notre vie quotidienne. Comme, par exemple, de boire en conscience, chaque matin un verre d’eau en y mettant une vibration d’Amour.

Chelsea Québec 26 juin 2014*
*PS : le jour où mon livre Haut et Bas sort de l’imprimerie. Aujourd’hui, on célèbre ☺

2 réflexions au sujet de « Vivre en pleine conscience Thich Nhat Hanh »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *